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affaire médiator par Irène Frachon

l'affaire du Médiator par Irène Frachon le 2 décembre 2026 

La salle des Korrigans était au complet ce 2 décembre 2026, soit plus de 250 personnes et les 25 élèves de Terminale du lycée Freyssinet. Irène Frachon nous a fait une prestation de haut vol, avec son franc parlé. On comprend mieux maintenant la difficulté du lanceur d’alerte.

Le thème : l’affaire du Mediator commercialisé par le laboratoire Servier pendant 30 ans présenté comme anti diabétique mais en réalité utilisé comme coupe-faim. L’impact sanitaire est qu’il y a eu plusieurs milliers de morts et de malades puisque le Médiator provoquait notamment des atteintes cardiaques graves ainsi qu’une HTAP’ (hypertension artérielle pulmonaire)

Le combat d’Irène FRACHON, pneumologue au CHU de Brest démarre en 2007 lorsqu’elle découvre les effets toxiques du Médiator.

Cette année-là, les pneumologues de Saint-Brieuc lui adressent un cas suspect : Joelle Aubrée qui a un rond-point dédié à son nom sur la route de l’hôpital.

Chronologie de l’affaire :

  • 1976 : mise sur le marché de benfluorex (molécule principale de l’isoméride et Médiator)par les laboratoires Servier, présenté comme antidiabétique.
  • 1980 :1990 : utilisation fréquente comme coupe-faim, malgré des signaux d’alerte sur ses effets secondaires Des milliers de femmes l’utilisent sous le nom ISOMERIDE.
  • 1995 : Etude épidémiologique internationale faite sur les effets secondaires x 23 si utilisé plus de 3 mois consécutifs. Cette étude sera publiée Dans le New England Journal of Medecine.en 1996.
  • 1997 : les américains découvrent que ce médicament détruit les valves du cœur en opérant des femmes obèses utilisant l’Isoméride. Des milliards de dollars seront versés aux américains victimes de ce médicament qui sera également interdit en France le 15 Septembre.
  • 1999 : Un des collaborateurs d’Irène Frachon  l’alerte sur un cas d’HTAP sous médiator. Puis 2è signal de valvulopathie de la part du dr JOBIC, cardiologue.
  • Et en 2007, Joëlle Aubrée lui est adressée. Là commence son combat de lanceur d’alerte Une comparaison est faite des molécules d’Isoméride et Médiator et il s’avère que ces 2 molécules sont identiques  avec l’aide de la revue Prescrire et une pharmacologue . Photo ci jointe.
  • Dans le médicament se trouve une substance mortelle qui s’appelle la NOR fenfluramine.

Mais déjà, il y a plusieurs milliers de morts ; une campagne de demande d’indemnisation se crée en même temps que l’attaque en justice des laboratoires Servier. Des communications médiatiques sont faites ainsi qu’une étude scientifique de l’Agence Afssaps dont les agents ne sont pas à l’aise. Elle s’aperçoit en faisant cette enquête que Servier corrompt toutes les organisations qui touchent de près ou de loin le laboratoire Servier jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.

Mais finalement, avec l’aide d’Alain Weil, médecin de Santé Publique et de l’épidémiologiste Catherine Hill, le Médiator est retiré du Marché le 30 Novembre 2009.

Puis après réflexion et conseillée par une coalition de personnes qui s’engagent pour attaquer le laboratoire Servier, Son livre « Médiator, combien de morts » est publié après une censure de Servier,  en 2010, suivi du film « La Fille de Brest » en 2016. En effet, Il va bien falloir indemniser les victimes.

En 2011, Xavier Bertrand, alors Ministre de la Santé, annonce la création d’un fonds public d’indemnisation des victimes du Médiator. Et l’IGAS commence à tendre l’oreille. Parallèlement, les victimes commencent à s’organiser en associations. 4500 personnes environ sont indemnisées. Une enquête policière est ouverte cette même année.

Pendant 40 ans, Jacques Servier a empoisonné, les patients. C’est une rente à vie : une véritable tromperie, une criminalité en « col blanc ».

 Le premier procès en pénal aura lieu le 14 mai 2012.  Il y aura des dizaines de millions d’euros d’utilisés pour la défense. Si bien que l e grand procès ne se rouvrira qu’en 2019 et ils sont toujours en Cassation. : après 12 recours et 43 ans après le 1er médicament.  Ce procès a duré 7 mois. Le 1er jugement est plutôt « mou ». Et ce n’est qu’en 2023 que l’on a un vrai jugement de 1000 pages qui a « cogné » et parmi les condamnations figurent, la commercialisation frauduleuse du produit, l’escroquerie à la Sécurité Sociale, tromperie aggravée blessures et homicides involontaires, dissimulations des composants….

Pour finir, Irène Frachon reste révoltée par la continuation de ce laboratoire à des colloques internationaux et de l’arrosage financier.

Cette conférence a été un témoignage marquant sur   les enjeux soulevés par la puissance des grands laboratoires pharmaceutiques, les failles dans la régulation et la vigilance sanitaire et surtout la nécessité de protéger les patients et de soutenir les lanceurs d’alerte dont elle fait désormais partie. Elle continue la lutte.

 Elle viendra assister à la pièce, montée par les élèves du lycée Freyssinet de Saint Brieuc sur ce scandale du Médiator.

L’UTL sud goélo est fière de recevoir des conférenciers aussi célèbres venant témoigner de leur parcours comme Agnès Buzyn il y a quelques semaines et proposera des surprises équivalentes en 2026.